Jyga expose son cobot de palettisation Pal’it Air à l’Élysée pour le Fabriqué en France

Un palettiseur collaboratif va trôner dans les salons de l’Élysée. Le Pal’it Air, conçu et assemblé par Jyga à La Séguinière (Maine-et-Loire), fait partie des 104 produits retenus pour la Grande Exposition du Fabriqué en France, les 21 et 22 novembre 2026. C’est le seul produit retenu pour le département, et un bon prétexte pour regarder ce que la cobotique change concrètement en fin de ligne.

Un produit par département, contrôlé par les douanes #

Cette sixième édition de l’exposition est organisée par la Direction générale des Entreprises. Selon l’annonce officielle de la DGE, elle clôture la Semaine de l’industrie, qui se tient du 16 au 23 novembre. Les candidatures ont d’abord été présélectionnées par les préfets, puis un jury national, composé d’anciens lauréats et de représentants d’associations de consommateurs, a retenu un produit par département, en métropole comme en outre-mer.

D’après Le Journal des Entreprises, les douanes ont vérifié l’origine française des produits avant le choix du jury, qui s’est réuni le 22 septembre.

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Le communiqué de la DGE donne la répartition des lauréats : 62 % viennent de l’industrie, 24 % de l’artisanat, 12 % de la production alimentaire et 2 % du numérique. Les PME et TPE représentent 65 % des entreprises retenues, les start-up 12 %. Dans la liste officielle des 104 lauréats, la ligne du Maine-et-Loire indique simplement « JYGA – PAL’IT AIR – Industriel ».

Le Pal’it Air : une cellule de palettisation sans grillage #

La palettisation est l’une des tâches les plus répétitives d’une usine : prendre des cartons en bout de ligne et les empiler sur une palette selon un plan précis. C’est aussi un poste physiquement exigeant pour les opérateurs. Les robots industriels classiques savent le faire depuis longtemps, mais ils travaillent en général dans une cellule fermée, derrière des barrières.

Le Pal’it Air prend l’autre option. C’est un palettiseur collaboratif et mobile, dont la première version date de 2020 selon l’entreprise. Sans enceinte grillagée, la cellule prend moins de place au sol, et les opérateurs peuvent circuler plus facilement autour de la machine. La machine peut traiter deux palettes en même temps et desservir deux lignes de production. Une option permet aussi de gérer les intercalaires, ces feuilles placées entre deux couches de cartons.

Le logiciel, vrai argument pour l’atelier

Le point le plus utile au quotidien est peut-être ailleurs. Un logiciel intégré permet de définir les plans de palettisation en quelques minutes, précise Jyga. Dans un atelier qui change souvent de références ou de formats de cartons, c’est ce qui fait la différence entre un équipement figé et un outil que l’équipe de production s’approprie.

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Les débouchés visés couvrent la santé, l’agroalimentaire, l’hygiène, la logistique et la cosmétique. Pendant l’exposition, l’entreprise prévoit des démonstrations en réalité virtuelle de l’intégration du cobot sur une ligne de production.

Jyga, intégrateur de fin de ligne depuis 1992 #

Jyga n’est pas une start-up. Créée en 1992, l’entreprise conçoit et intègre des équipements de conditionnement en fin de ligne : palettisation, dépalettisation, mise en caisse, étuyage, chargement robotisé et cobotique. Elle a réalisé 13,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, pour un résultat net de 1,7 million d’euros, et déclare employer plus de 50 salariés, selon Le Journal des Entreprises.

Son atelier de La Séguinière, de plus de 2 000 m², sert à câbler, assembler et tester les machines avant leur installation chez le client. Les essais se font avec les produits du client, ce qui limite les mauvaises surprises au démarrage. L’entreprise a agrandi ses bâtiments en 2022 puis en 2025, et un nouveau bâtiment est en projet. Depuis 2014, elle fait partie du groupe vendéen Fideip, spécialisé dans la mécanique et la métallurgie.

Ce que cela dit de l’automatisation des PME #

Le choix d’un palettiseur collaboratif pour représenter un département n’a rien d’anodin. La fin de ligne est souvent le premier poste qu’une PME automatise : la tâche est répétitive, pénible, et ne demande pas de modifier le cœur du procédé de fabrication.

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Avant de se lancer, plusieurs questions restent à trancher dans chaque atelier :

La cadence réelle. Un cobot travaille plus lentement qu’un robot industriel en cellule fermée. Il faut vérifier que la cadence de la ligne reste compatible avec la machine, surtout aux pics de production.

L’analyse de risques. Supprimer le grillage ne supprime pas l’obligation d’évaluer les risques. Charges manipulées, vitesse, zones de passage : tout doit être étudié avec l’intégrateur. C’est d’autant plus important à l’approche du règlement européen 2023/1230 sur les machines, qui s’appliquera à partir du 20 janvier 2027.

La place au sol et la mobilité. Une cellule compacte et déplaçable peut servir plusieurs lignes selon les campagnes de production, ce qui change le calcul de rentabilité.

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La prise en main. Si la création d’un nouveau plan de palettisation demande l’intervention d’un spécialiste extérieur, l’outil sera vite sous-utilisé. La simplicité du logiciel compte autant que la mécanique.

En attendant les 21 et 22 novembre, le Pal’it Air rappelle que la cobotique n’est plus un sujet de salon : c’est un équipement de série, fabriqué et testé dans une PME de l’Ouest, qui vise d’abord à soulager les opérateurs en bout de ligne.

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