Liebherr-Aerospace vient d’inaugurer à Campsas, dans le Tarn-et-Garonne, un centre d’excellence de 12 000 m² consacré aux équipements de transfert thermique pour l’aéronautique, avec un robot de brasage automatisé au cœur de la nouvelle ligne.
- Plus de 40 millions d’euros investis, le plus gros investissement industriel de l’histoire de l’entreprise selon les annonces relayées par la presse.
- Environ 12 000 m² de nouvelles surfaces : la surface du site double.
- Traitement de surface, brasage robotisé, fours, soudage, inspection et une presse de formage d’entretoises développée en interne.
- Près de 400 salariés attendus sur le site d’ici la fin de 2026.
Plan de l'article
Que fabrique-t-on à Campsas ? #
Le site de Campsas, au nord de Toulouse, dépend de Liebherr-Aerospace Toulouse. Il fabrique et répare des équipements de transfert thermique : les échangeurs de chaleur qui équipent les systèmes de conditionnement d’air et de gestion thermique des avions.
À lire Règlement machines 2023/1230 : à trois mois du 20 janvier 2027, ce qui change pour l’atelier
Ce sont des pièces discrètes mais critiques. Elles refroidissent l’air prélevé sur les moteurs avant qu’il n’alimente la cabine, et elles évacuent la chaleur produite par l’électronique de bord. Avec l’électrification croissante des appareils, cette fonction thermique prend du poids.
Combien Liebherr a-t-il investi ? #
Le Journal de l’Aviation évoque 40 millions d’euros et 12 000 m² de nouvelles surfaces. La Vie économique parle de plus de 40 millions d’euros pour un bâtiment de près de 12 000 m².
Un média régional a avancé un montant plus bas, proche de 30 millions d’euros. Les articles publiés au moment de l’inauguration retiennent, eux, le seuil des 40 millions.
Quels équipements dans la nouvelle usine ? #
Le détail donné par AviTrader et le Journal de l’Aviation dessine une chaîne complète, du traitement de la tôle au contrôle final.
À lire Variateurs de vitesse : optimiser finement ses moteurs pour plus d’efficacité
| Étape | Équipement installé |
|---|---|
| Préparation des surfaces | Lignes de traitement de surface |
| Assemblage | Robot d’application de brasage, fours de brasage |
| Jonctions | Équipements de soudage |
| Mise en forme | Presse de formage d’entretoises développée par Liebherr |
| Contrôle | Systèmes d’inspection |
Pourquoi robotiser le brasage ?
Un échangeur de chaleur à plaques et ailettes est un empilement de centaines de fines lamelles qu’il faut assembler de façon étanche. Le brasage consiste à déposer un métal d’apport entre les pièces, puis à le faire fondre au four pour les lier.
La dépose du métal d’apport est l’étape où la régularité compte le plus. Un robot dose la même quantité au même endroit, pièce après pièce. Il réduit les reprises et rend le procédé traçable, deux exigences fortes dans l’aéronautique.
Une presse maison
La presse de formage d’entretoises a été développée par Liebherr lui-même. Les entretoises maintiennent l’écartement entre les plaques de l’échangeur. Garder la main sur cet outil, c’est maîtriser une cote qui conditionne directement le rendement thermique de la pièce.
DIGIFab : vers une production plus numérique #
En parallèle, Liebherr-Aerospace participe à DIGIFab, un projet collaboratif soutenu par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) dans le cadre du Conseil pour la recherche aéronautique civile (CORAC). Son objectif, selon AviTrader : accélérer la numérisation et l’automatisation de la production d’équipements de transfert thermique.
À lire Grafcet : décrire un automatisme étape par étape (exemples)
Les sources ne précisent pas quelles briques de DIGIFab seront déployées à Campsas. Le nouveau bâtiment, conçu d’emblée pour des procédés automatisés, offre en tout cas un terrain naturel pour ce type d’expérimentation.
Quel effet sur l’emploi ? #
Le site devrait compter près de 400 salariés d’ici la fin de 2026, selon le Journal de l’Aviation. La Vie économique rappelle que les deux sites de Liebherr-Aerospace Toulouse et de Campsas emploient ensemble près de 2 000 personnes.
L’automatisation ne remplace donc pas l’embauche : elle accompagne une hausse de capacité. C’est le schéma le plus courant dans l’aéronautique, où les cadences d’Airbus tirent toute la chaîne de sous-traitance et où les compétences en brasage, soudage et contrôle restent rares.
Ce qu’il faut en retenir pour l’atelier #
Le cas de Campsas illustre une tendance : quand un industriel double sa surface, il en profite pour revoir le procédé de bout en bout. Robotiser l’étape la plus sensible, garder en interne l’outillage qui fait la différence, et prévoir le contrôle dès la conception de la ligne.
À lire Automate programmable : comment il devient le cerveau des machines industrielles
Pour un sous-traitant qui prépare un investissement, la leçon est simple : l’automatisation la plus rentable est souvent celle qui fiabilise une opération déjà maîtrisée à la main, pas celle qui cherche à tout remplacer d’un coup.
Questions fréquentes #
Où se trouve le site de Campsas ?
Campsas est une commune du Tarn-et-Garonne, au nord de Toulouse. Le site est rattaché à Liebherr-Aerospace Toulouse.
Que produit ce centre d’excellence ?
Des équipements de transfert thermique, c’est-à-dire des échangeurs de chaleur pour les systèmes de conditionnement d’air et de gestion thermique des avions, ainsi que leur réparation.
Qui soutient le projet DIGIFab ?
DIGIFab est soutenu par la DGAC, dans le cadre des travaux du CORAC, le conseil qui coordonne la recherche aéronautique civile en France.
À lire Assemblage par ultrasons : souder les plastiques efficacement




