La PME landaise Les Chanvres de l’Atlantique confirme un investissement de 13 millions d’euros pour bâtir deux unités de transformation du chanvre à Saint-Geours-de-Maremne : l’une produira de la fibre longue pour les filatures, l’autre des blocs préfabriqués de béton de chanvre pour le bâtiment.
- Projet confirmé mi-octobre 2026 par L’Usine Nouvelle : 13 M€, contre une quinzaine de millions annoncés en 2024.
- Deux lignes distinctes : préparation de fibre longue et préfabrication de blocs de béton de chanvre.
- Capacités visées : 10 000 tonnes de fibre et 30 000 blocs par an.
- Ouverture désormais visée à la mi-2028.
Plan de l'article
Que prévoit exactement le projet ? #
L’entreprise, fondée en 2016 par Vincent Lartizien, exploite déjà une usine alimentaire de 2 000 m² mise en service en 2022. On y transforme la graine de chanvre en huiles, farines et protéines. Le nouveau chantier ajoute deux bâtiments sur le même site, chacun dédié à un débouché industriel différent.
Le premier atelier doit sortir de la fibre longue destinée aux filateurs. Le second fabriquera des blocs de béton de chanvre prêts à poser, à destination du BTP. Les volumes annoncés dès 2024 dans Le Journal des Entreprises restent la référence : 10 000 tonnes de fibre et 30 000 blocs par an.
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Pourquoi le calendrier a-t-il glissé ? #
En octobre 2024, la PME évoquait un budget d’environ 15 millions d’euros, dont 4,5 millions d’aide de l’Ademe au titre d’un appel à projets sur les produits biosourcés, avec un démarrage des travaux en 2026 et une mise en service possible en 2027.
Deux ans plus tard, l’enveloppe a été ramenée à 13 millions et l’ouverture repoussée à la mi-2028. Le fondateur explique ce décalage par des retards de fabrication des machines et des bâtiments, en assurant que le projet lui-même n’a pas changé.
Fibre longue : un procédé de préparation, pas une ligne textile #
C’est le point technique le plus intéressant pour un lecteur industriel. L’équipement prévu n’est pas une machine textile au sens strict. Il s’agit d’un outillage de préparation de la fibre, qui livre une matière première prête à être filée par des tiers.
Ce choix évite à la PME d’intégrer la filature, très capitalistique, tout en captant l’étape qui manque le plus en France : obtenir une fibre longue régulière à partir de la tige. Sur le site, la tige produit aussi de la chènevotte, la partie ligneuse, qui alimente justement les usages construction, plasturgie et litière animale.
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Une matière première locale déjà contractualisée
La PME s’appuie sur un réseau d’agriculteurs partenaires regroupés en association, dont les surfaces sont certifiées Fair For Life et Biopartenaire. Selon Vivre dans les Landes, les surfaces cultivées sont passées de 50 hectares en 2016 à 500 hectares, surtout pour la graine.
Le passage à la fibre change la donne agronomique : il faut des parcelles de chanvre textile, récoltées pour la tige. L’entreprise recherche donc de nouvelles terres autour de l’usine, la logistique de la paille pesant lourd dans le coût final.
Béton de chanvre préfabriqué : répondre au problème du séchage #
Sur chantier, le béton de chanvre coulé ou projeté souffre d’un défaut bien connu des artisans : un temps de séchage long, qui immobilise le gros œuvre. Fabriquer des blocs en usine, puis les livrer secs, déplace cette contrainte dans un environnement maîtrisé.
Pour un industriel, l’enjeu se situe dans la ligne de production : dosage du liant, moulage, compactage et surtout gestion d’une zone de séchage qui conditionne le débit. La capacité affichée de 30 000 blocs par an reste modeste, ce qui laisse penser à une ligne semi-automatisée plutôt qu’à une usine de préfabrication lourde.
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Quels emplois et quel financement ? #
La PME compte une dizaine de salariés. Le projet de 2024 prévoyait au moins quatre postes par usine au démarrage, avec un objectif d’une vingtaine à cinq ans. Le financement associe l’Ademe, des prêts bancaires et l’actionnaire majoritaire.
À titre de repère, l’entreprise affichait 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires en 2023 et visait 5 à 6 millions dès la deuxième année d’exploitation des trois usines, des chiffres qui restent des objectifs de l’entreprise.
Peut-on voir le site avant les travaux ? #
Oui. Dans le cadre de l’opération « Ici, nos savoir-faire », l’entreprise ouvre ses portes le mercredi 21 octobre 2026, d’après l’agenda du Guide des Landes. Au programme : les coulisses de la transformation, une dégustation de la gamme alimentaire et la présentation des premiers prototypes textiles. La réservation est obligatoire.
Questions fréquentes #
Combien investit Les Chanvres de l’Atlantique ?
13 millions d’euros, contre une quinzaine de millions évoqués en 2024, pour deux nouvelles unités sur son site de Saint-Geours-de-Maremne.
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Quand les nouvelles unités ouvriront-elles ?
L’ouverture est visée à la mi-2028, après un premier objectif fixé à 2027.
Que produira l’usine ?
De la fibre longue de chanvre pour les filatures et des blocs préfabriqués de béton de chanvre pour la construction, en plus des produits alimentaires déjà fabriqués sur place.




